Rechercher
  • One Sina

Et pourtant,

Le printemps s’annonce aux travers des dernières ombres de neige, et pourtant. Le coquelicot et l’orchidée se mettent à valser dans l’enchantement de la nouvelle saison, et pourtant. Et pourtant, non loin d’ici, on lit dans l’abysse et son habit qu’encore je t’aime. Autrefois motif de triomphe, ce serment inégalé ne porte plus si haut son totem. Et pourtant, il ne cesse d’exister. Et pourtant, j’arrête d’y penser. Mais je crois que la raison ne règle pas un coeur. Car si seulement, j’aurais appris de mes erreurs.

L’orage dans son abitâcle de furie impatiente s’agite au dessus du champs. Au dessus du temps.

La libebulle, symbole léger de bonheur devient misère par delà les fleurs. Empruntant les chants du printemps, elle peint une nouvelle heure. L’heure de t’aimer et de s’en rappeler. La journée est belle, la nuit ne l’est jamais. Ou alors, comme moi, vois-tu dans la destruction une plus digne beauté ?

Quand le Soleil s’éloigne, par habitude, des contours des silhouettes de marbre qui ornent le parc. Il aurait fallu que je parte. Car donne moi une seule raison de rester. Car il n’y en a plus, pas vrai ? Mais ça suffit pour que je ne parte jamais. La volubilité d’un si grand Amour aurait dû être épargnée, mais il y a une promesse non tenue. Où peut-être, mais tu n’es pas venu. La rose épistolaire écrivait qu’elle survivrait à tout. Là voilà encore, existante sous ces inconcevables coups. Et pourtant, le coquelicot et l’orchidée vont faner. Les gouttelettes d’Espoir qui ruissellent des coeurs cassés n’ont pas su les arroser.

Il a plu, longtemps mais tu le sais n’est-ce pas ? Tu t’en rappelles, pourtant, souviens-toi. Et sauve-moi si tu veux. J’attendrais, sinon, si je peux.

La clé de l’Infini est tombée d’un nuage si familier mais je n’ai su la rattraper. Comme dans l’infiniment grand, tu as su m’égarer. Comme un rêve qu’on laisse de côté et qu’on ne rappelle jamais. Comme tout ce qui se pense avant d’être réalisé. Mille petites réalités qui s’entrechoquent parmi celle que je t’avais écrite. J’ai voulu que les choses les plus sincères se comprennent sans être dîtes. Mon erreur, alors, de n’avoir su qu’écrire sans parler. Et pourtant, il fut un temps où j’ai cru que ça suffisait. Dans ma constellation, des souvenirs reconstitués à ton attention se battent. De cette immense nébuleuse d’images, il aurait fallu que je parte.

Le carnage dans un tel silence et dans un calme que nul enrage, la tempête semble être passée, juste depuis maintenant. Et pourtant. La symphonie des êtres aimés en répétition, semble désormais à une seconde de l’oubli. L’Ataraxie emparée par des mains indécises, laissée dans une lente atonie. L’Amour en vain, devient des vagues d’amertume. Et pourtant, la Mer t’aime, coulent tes larmes, douces comme l’écume. Injures et calomnie portées à une Éternité déjà finie. En te voulant, j’avais voulu la vie. Mais comme souvent, l’indolence chaleureuse de paroles trop raffinées se désole en un nom.

Et pourtant,

Est-ce toi l’esthète qui tourne dans ma tête ? Mais cette fois je ne te laisse pas ruiner la fête. L’embellir, que dis-je ? En rime, des vers se figent, Ô vertige. Esthétiquement vôtre, essentiellement tienne. Si souvent, il faudrait que tu te souviennes.

Et pourtant,

L’opium poétique opère de sa magie. Je t’aime, je t’aime, te l’aurais-je déjà dit ?

(Les mots en italique m'ont été donnés par différents petits êtres de poésie, je voulais mettre ma plume un peu au défi alors merci à vous!)

94 vues

©2019 by One sina. Designed by Virgil Caffier